Hypnose « thérapeutique » ou hypnose « bien-être » : quelles différences ?

Les pratiques en MCA
25/7/2021

Le recours à l’hypnose peut avoir une double finalité : thérapeutique ou de développement personnel. En fonction du motif, l’orientation vers le praticien diffère, tout comme sa formation. Le point.

L’hypnose consiste à reproduire intentionnellement un état de conscience modifié avec un objectif qui varie selon le cadre dont il est question. « Le recours à l’hypnose dans un but strictement thérapeutique ne peut être effectué uniquement par un thérapeute », prévient le Pr Antoine Bioy, psychologue clinicien, psychothérapeute et responsable du Pôle Réflexion de l’A-MCA. Cependant, l’hypnose peut également être utilisée dans le champ du bien-être et du développement personnel. Dans ce cadre, ceux qui peuvent la pratiquer sont plus nombreux et moins contraints.

L’importance de la distinction

Il est nécessaire de faire la distinction entre les deux champs d’intervention, car le recours à l’hypnose à des fins thérapeutiques exige, de la part du praticien, d’être formé au champ de la santé. « Les connaissances en neurophysiologie, en repères psychologiques ou encore en processus de changement dans le cadre de repérage des cycles naturels de la personne sont fondamentales, explique le Pr Bioy. En d’autres termes, un thérapeute est une personne apte à élaborer un diagnostic en santé au sein de son champ d’expertise. » En parallèle, l’approche hypnotique utilise des suggestions de modification d’un trouble en santé pour revenir à un équilibre.

Dans le domaine de la douleur, par exemple, le thérapeute peut avoir recours à l’hypnose pour apprendre à un patient à entrer dans la dynamique de sa douleur (ce qui l’influence, la maintient, etc.). Il accompagne vers le soulagement tout en tenant compte du contexte de la douleur : sa fonction d’alarme qui est en partie à respecter, la nature de l’équilibre pathogène qu’elle a installé et comment en sortir précautionneusement. Il doit aussi veiller à ce que l’identité du patient se reconstruise autrement lorsque la douleur s’estompe, ce qui demande de solides compétences. « Le thérapeute va donc effectuer une évaluation de son patient, inscrire le symptôme dans son environnement et également travailler sur l’équilibre individuel et systémique, ce qui peut prendre du temps », rapporte Antoine Bioy.

En revanche, dans le champ du développement personnel, « l’approche proposée va davantage se rapprocher des techniques de relaxation et de sophrologie avec le recours à des images ressourçantes, des suggestions enveloppantes et de détente, afin de permettre à la personne d’être dans un état propice au bien-être et à l’éveil de sa dynamique vitale », précise le Pr Bioy. Estime de soi, confiance en soi, tension nerveuse sont quelques-uns des domaines d’intervention dans ce champ. Bien entendu, l’hypnose « bien-être » peut tout à fait être utile pour un malade en agissant, par exemple, sur la diminution du stress ou sur l’affect, etc.

Comment choisir ?

Toute personne souhaitant avoir recours à l’hypnose doit s’interroger sur le type de praticien vers lequel s’orienter. « La question est fondamentale », reconnaît Antoine Bioy. Si elle n’a pas de problème de santé particulier, mais qu’elle se sent, par exemple, stressée, qu’elle a du mal à avoir des temps pour elle ou qu’elle est en difficulté avec ses émotions au quotidien, elle peut s’orienter indifféremment vers un praticien. En revanche, dès lors qu’elle est face à un problème de santé, son thérapeute, à commencer par son médecin traitant, doit pouvoir la guider au mieux. C’est lui qui va être à même de définir si la problématique en question pour laquelle elle peut avoir recours à l’hypnose relève d’une question thérapeutique ou davantage de bien-être.

Rédigé par l’A-MCA