La phytothérapie : l’usage des plantes en préventif

Les pratiques en MCA
25/4/2022

La phytothérapie consiste en l’usage des plantes médicinales, utilisée de manière préventive dans de nombreuses situations. Une pratique exercée par des professionnels de santé formés.

La phytothérapie ou plus exactement la phyto-aromathérapie est une technique thérapeutique ayant recours aux plantes ou aux essences de plantes. « L’aromathérapie, par l’usage des huiles essentielles, est une composante de la phytothérapie, explique le Dr Jean-Michel MOREL, médecin généraliste et phytothérapeute, aujourd’hui à la retraite. Parmi les autres composés de la plante utilisés en phytothérapie, on trouve les extraits embryonnaires (macérats de bourgeons) et les huiles végétales pressées à partir des graines oléagineuses. Les composés actifs les plus fréquents sont hydrosolubles, et sont ainsi extraits pour les tisanes. Ils sont également présents dans les teintures alcooliques, les extraits secs ou dans les poudres de plantes. »

Le recours à la phytothérapie

À ce jour, certaines pathologies peuvent être prévenues grâce à la phytothérapie, dont l’un des usages peut être l’alimentation. De nombreuses plantes utilisées dans la cuisine contiennent des principes actifs préventifs. « Ces composés contenus dans les plantes alimentaires sont appelés phyto-nutriments ou phyto-micronutriments, fait savoir le Dr MOREL. Nombre d’entre eux permettent de prévenir des maladies chroniques très répandues, telles que le diabète, l’obésité, les maladies métaboliques ou cardiovasculaires, voire le cancer. De fait, le maître-mot est la variété alimentaire, qui permet de bénéficier de multiples principes actifs. » L’usage des aromates permet également une meilleure maîtrise de la satiété en agissant sur les glandes digestives. Certaines personnes prennent donc rendez-vous avec leur phytothérapeute dans un but préventif, notamment pour éviter les problèmes d’infections répétées chez les enfants, les cystites chez les adultes, les problématiques psycho-émotionnelles ainsi que les troubles du sommeil. Certaines pathologies chroniques peuvent aussi être accompagnées par la phytothérapie, notamment les migraines. De même que cette technique thérapeutique peut être utilisée en soins de support, particulièrement dans le cadre d’une meilleure tolérance des chimiothérapies.  

Enfin, sur un autre plan, la phytothérapie peut être utilisé pour les petites maladies courantes comme un rhume, des maux de ventre, etc.  

Qui peut pratiquer ?

« L’exercice de la médecine étant bien codifié, avec la réalisation de diagnostics et la mise en place de traitements, la phytothérapie devrait ainsi être réservée aux médecins diplômés, d’autant plus qu’il faut porter une attention particulière aux interactions médicamenteuses », estime le Dr MOREL, précisant que des phytothérapeutes se spécialisent pour l’accompagnement des maladies chroniques. Les médecins, les pharmaciens ou les professions médicales pouvant prescrire, ont accès à des formations de type Diplômes universitaires (DU) tandis que « les surspécialisations s’acquièrent sur le terrain », ajoute-t-il.  

En parallèle des professionnels de santé, de plus en plus de naturopathes, développent leur activité. « Force est de reconnaître que les usagers du système de santé font appel à eux, pointe du doigt le Dr MOREL. Cependant, pour que cette discipline soit reconnue et admise par la communauté scientifique et les pouvoirs publics, il faut mettre en place une solide formation initiale, bien définir son territoire d’intervention et distinguer les modalités du recours à chacune des deux professions, qui ne recouvrent pas les mêmes réalités. » Si un naturopathe peut prodiguer des conseils en hygiène de vie, dans lesquels les plantes vont jouer un rôle important, son champ d’intervention ne recouvre pas la pratique médicale. De fait, contrairement aux médecins, il ne peut pas établir de diagnostics ou traiter une pathologie.