La prévention au cœur de la médecine conventionnelle 

Prévention, santé, mode de vie
30/5/2022

Médecine conventionnelle et médecines complémentaires trouvent, dans certaines structures, des points d’ancrage communs. Stress, alimentation, sommeil, activité physique : les principales composantes du mode de vie de chacun, influent par ailleurs notre bonne santé. Proposer une prise en charge globale tout en agissant en prévention permet d’offrir un suivi optimal au patient.

La médecine des modes de vie repose sur quatre domaines : l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité, la gestion du stress et le sommeil. « Un certain nombre d’attitudes par rapport à ces quatre domaines ont une incidence sur les maladies, et peuvent accélérer ou réduire leur apparition, en fonction de l’équilibre trouvé », explique le Dr Alain DUCARDONNET, cardiologue conseiller médical au sein du centre de santé Ellasanté. Créé par une fondation, Ellasanté fonctionne de manière autonome depuis six ans. Son originalité ? Offrir aux patients, à la fois une prise en charge en soins aigus, et des bilans de prévention, mettant en perspective les différentes composantes de leurs modes de vie, afin de trouver des points d’actions pour tendre vers une meilleure qualité de vie. « Il s’agit tout simplement d’associer médecines des modes de vie et médecines complémentaires validées (acupuncture, ostéopathie, hypnose, cohérence cardiaque, etc.) », indique le Dr DUCARDONNET. Et de poursuivre : « La médecin n’est qu’une partie de la santé. Nous le constatons avec l’espérance de vie qui évolue certes, mais l’espérance de vie en bonne santé étant bien moindre. Nous sommes amenés à vivre une vingtaine d’années avec des problèmes de santé. Qu’en est-il alors de la qualité de vie ? »

 

Agir en prévention  

« À EllaSanté, nous avons mis en pratique la notion de médecine globale, une médecine associant médecine conventionnelle, médecine des modes de vie et médecines complémentaires validées », complète le médecin. Pour prendre en charge de manière optimale les patients, l’équipe du centre estime qu’il est important, à côté de la médecine « classique » de quantifier, de mesurer, d’évaluer la situation dans laquelle ils se trouvent, concernant leurs modes de vie en particulier, pour proposer ensuite des thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses adaptées. Au sein du centre de santé, le bilan comprend un autoquestionnaire et des examens classiques de la vision, l’audition, la masse grasse, l’épreuve à l’effort, etc.  

« À côté des bilans, nous abordons toujours la question de la prévention, même avec les patients venant pour une consultation en soins aigus », indique le Dr DUCARDONNET. Concernant le parcours « bilan de prévention », les personnes sont orientées par leurs entreprises proposant ce type de prise en charge à leurs salariés, dans le cadre de leur politique de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Une prise en charge complémentaire

« L’originalité de la démarche est de proposer au patient un arsenal d’interventions non médicamenteuses en vue d’adopter une meilleure alimentation, pratiquer une activité physique, effectuer de la cohérence cardiaque pour la gestion du stress, ou encore avoir un meilleur sommeil », fait savoir le spécialiste. Cette prise en charge adaptée peut se mettre en place dans le cadre d’ateliers pouvant se dérouler en entreprise ou par visio-conférences. A priori, cette approche est valable autant pour les personnes en bonne santé (en prévention primaire) que pour ceux déjà impactés par des maladies (prévention secondaire et tertiaire). À titre d’exemple, l’Activité physique adaptée (APA) réduit de 30 % les risques de récidives du cancer du sein. « Le suivi est fondamental, poursuit le Dr DUCARDONNET. Le ″après″ est vraiment très important. Après avoir dit à une personne qu’elle est stressée, il faut lui proposer une prise en charge adaptée et concrète, puis l’accompagner pour qu’elle reste motivée. »  

Bien entendu, cette démarche implique un parcours de formation des professionnels de santé à cette approche préventive. Elle tend à se développer avec la création de Diplômes universitaires « prévention » ou de formations dédiées (comme dans l’Institut de formation Ellasanté).