Le médiateur en santé : quel est son rôle ?

Les pratiques en soins relationnels non médicamenteux officiels
31/8/2021

Améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins de la population en situation de précarité relève du rôle du médiateur en santé. Cette fonction, qui ne bénéficie pas encore d’une grande reconnaissance, s’avère primordiale pour un accès équitable de tous les patients au système de santé.

Dans ce cadre, ceux qui peuvent la pratiquer sont plus nombreux et moins contraints. La Haute autorité de santé (HAS) définit la médiation en santé comme un processus temporaire qui s’appuie sur « l’aller vers » et le « faire avec ». L’objectif du médiateur est donc de renforcer l’équité en santé en favorisant la transition des personnes vulnérables vers les structures sanitaires et/ou sociales existantes, en développant leur autonomie et leur capacité à agir dans la prise en charge de leur santé et en accompagnant la prévention et le recours aux soins.

Un bénéfice pour les soignants

Le médiateur en santé n’a pas pour finalité de « faire à la place » de la personne mais bien de la guider dans son parcours tout en cherchant à la rendre autonome. Son rôle est d’accroître la participation et l’implication du patient en le rassurant sur le plan émotionnel, en encourageant son expression ainsi qu’en promouvant le dialogue médecin-patient. Car l’intervention du médiateur est double : il joue un rôle d’interface entre les publics les plus vulnérables et les acteurs du système de santé. Il accompagne ces derniers à prendre en compte les spécificités et les facteurs de vulnérabilité des publics concernés car ils ne sont pas toujours au fait des obstacles rencontrés par les usagers dans leur accès à la santé. Son travail consiste à améliorer la communication et à créer un espace de confiance et de compréhension entre les deux parties. Il réduit les interférences et les discriminations liées aux différences socioculturelles et linguistiques dans les soins de santé, contribue à diminuer les disparités en matière de santé et détecte des signaux de problèmes sociaux dont la violence.

Cette approche et cet accompagnement holistiques sont fondamentaux pour les professionnels de santé qui cherchent avant tout à garantir l’observance et l’efficacité de la solution thérapeutique proposée à leurs patients.

Les freins au déploiement de la fonction

Dans le cadre de son action, le médiateur en santé doit respecter trois principes déontologiques à savoir la confidentialité et le secret professionnel, le non-jugement et le respect de la volonté des personnes. Il est amené à travailler au sein d’une équipe pluridisciplinaire, en lien avec le réseau local territorial, indispensable pour relayer les demandes des familles pour les questions qui ne concernent pas le champ de la santé.

Néanmoins, les difficultés concernant le déploiement de cette fonction sont nombreuses : carence de formations spécifiques, interventions non systématiques, manque de reconnaissance de la part des professionnels de santé et des institutionnels, financements incertains, manque d’évaluation de leur rôle. Pourtant, l’article 90 de la loi de modernisation de notre système de santé (LMSS) du 26 janvier 2016 a introduit dans le Code de la santé publique (CSP) un nouvel article (art. L. 1110-13) prévoyant l’élaboration de référentiels de compétences, de formation et de bonnes pratiques pour définir et encadrer les modalités d’intervention des acteurs mettant en œuvre ou participant à des dispositifs de médiation en santé et d’interprétariat linguistique. Un travail dont s’est chargé la Haute autorité de santé (HAS). Aujourd’hui, certains diplômes universitaires permettent une formation à cette fonction.

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Pour aller plus loin

Rapport HAS: « La médiation en santé pour les personnes éloignées des systèmes de prévention et de soin » (accéder au rapport)

Rédigé par l’A-MCA