Zoothérapie : les animaux pour le bien-être des personnes

Les pratiques en MCA
12/10/2021

La médiation animale recoupe de nombreuses pratiques. Parmi elles, la zoothérapie, un soin non médicamenteux impliquant un animal, celui-ci permettant d’agir dans le cadre d’un champ d’intervention très large.

Définir la zoothérapie implique de faire le point sur la médiation animale. « Dans ce domaine, il est possible de distinguer deux branches », indique Sophie Lespinasse, zoothérapeute. Tout d’abord, les activités assistées par l’animal consistent principalement à aider les personnes en situation de handicap sensori-moteur ou les professionnels. Ensuite, les interventions assistées par l’animal, avec tout d’abord, les interventions éducatives ou pédagogiques comme les fermes pédagogiques. Puis, les interventions à visée thérapeutique, celles-ci se déclinant en trois interventions : les contacts quotidiens avec un animal (un animal résidant en institution), les animations médiatisées par l’animal (animal visiteur, activité médiatisée avec un groupe de plus de trois personnes) et enfin la zoothérapie. « Plus on s’oriente vers la zoothérapie, plus on avance vers le cure », explique Sophie Lespinasse. La zoothérapie se définit, d’après le directeur de l’Institut français de zoothérapie, François Berger, comme un « soin alternatif non médicamenteux qui se met en place par l’intermédiaire d’un médiateur animal, grâce au contact formalisé et encadré par un professionnel formé, entre une personne malade et un ou des animaux ».

L’animal médiateur  

« La zoothérapie est un soin ne pouvant être prodigué que par un professionnel formé ayant, ou pas, un animal ou des animaux pour partenaires », rapporte Sophie Lespinasse. Le soignant et son animal (ou ses animaux) forment alors une équipe de travail. Tout comme le soignant est formé, l’animal doit lui aussi avoir été choisi et éduqué pour être un auxiliaire de travail « fiable » et « complice ». Canard, oie, poule, cochon, chien, mouton, chat, tous peuvent intervenir dans le cadre de la zoothérapie. « Le zoothérapeute doit en revanche définir ce qu’il entend travailler avec l’animal et pour quel type de public, précise-t-elle. Il doit pouvoir repérer tout de suite un problème et décoder ce qui se passe entre la personne et l’animal. »

Le soin s’adresse à un seul patient, ou éventuellement à un tout petit groupe de patients n’excédant pas trois personnes, « pour peu que les objectifs de soins soient concordants et qu’un travail thérapeutique en petit groupe ait du sens », indique Sophie Lespinasse. Le soin s’appuie sur la relation tissée entre le(s) patient(s) et l’animal ou les animaux. « Cette relation doit être basée sur la confiance, la complicité et la bienveillance, favorisée par le zoothérapeute garantissant la sécurité dans le cadre de cette relation en triangulation qu’il instaure », rapporte-t-elle. Cependant, il est tout à fait envisageable de travailler avec des supports imagés (photos, extraits de films…) ou auditifs (enregistrements de cris d’animaux, par exemple).  

Le champ d’intervention

Le champ d’intervention de la zoothérapie est très vaste. Elle se déroule souvent en institution, dans le cadre d’une décision conjointe de l’équipe soignante afin de travailler sur les fonctions cognitives et l’organisation de la pensée, sur les fonctions adaptatives et les comportements, sur la communication et les relations sociales ou encore dans le but mener un travail psychocorporel et en lien avec l’autonomie au quotidien. Avec la zoothérapie, il est donc possible d’agir sur la réduction du stress, l’amélioration du rapport au cadre et aux limites, la tolérance à la frustration, la diminution de l’agitation, l’amélioration de la patience, l’amélioration de la conscience de soi et du schéma corporel, l’amélioration de la communication non verbale, la prise de conscience et la verbalisation des émotions et des affects, l’amélioration de l’intégration sociale, la réduction de l’angoisse et de l’anxiété, l’amélioration de l’estime de soi et de la confiance en soi ou encore l’amélioration de la capacité à prendre soin de l’autre et de soi. En psychiatrie, Sophie Lespinasse a, par exemple, travaillé avec sa chienne au côté d’un patient ayant un problème de confiance en lui. « Au fur et à mesure des séances, je lui ai laissé de plus en plus d’autonomie avec ma chienne et je me suis mise en retrait, raconte-t-elle. Je prenais des photos, et puis nous débriefions. J’ai vu ce patient se redresser, accepter d’être dans une posture d’autorité sans forcément être agressif. Son attitude a changé avec la chienne mais aussi avec les personnes qui l’entourent. »

Rédigé par l’A-MCA