Foire Aux Questions – FAQ

Les MCA sont indistinctement dénommées « médecines douces », « naturelles », « non conventionnelles », « parallèles », etc.

  • Le grand public les qualifie généralement de médecines «douces », « parallèles », « alternatives ».
  • Les médecins emploient souvent les termes de « médecines ou de thérapies complémentaires » et de « médecine intégrative ».
  • Au niveau Européen: Le Parlement et la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille les qualifient de « médecines non conventionnelles » et de « médecines complémentaires »
  • Au niveau Mondial: l’OMS emploie les termes de « médecines traditionnelles » et de « médecines complémentaires ».
  • En France : la HAS et l’Assemblée nationale utilisent les termes de « médecines complémentaires et alternatives ».

Les MCA sont des pratiques non conventionnelles à visées de soins, de nature très diverse (ex. pratiques psychologiques, manuelles…) rassemblant indistinctement des méthodes validées et sécurisées, insuffisamment éprouvées, douteuses, voire dangereuses.

Certaines d’entre-elles sont légalisées (ex. acupuncture, chiropraxie) ou proposées dans les centres de soins ou dans les grandes associations nationales (ex. hypnose, art thérapie) et impliquent généralement des formations reconnues (ex. Diplômes Universitaires, inscrites au répertoire national des certifications professionnelles, capacité en médecine).

Au contraire, d’autres méthodes sont exclues des hôpitaux soit parce qu’elles ne détiennent pas de cadre de formation (ex. médecine traditionnelle), soit parce qu’elles présentent des risques (ex. régimes miracles). Certaines, particulièrement dangereuses sont interdites par la loi (ex. méthode Hammer) et/ou dénoncées par les élus ainsi que par la miviludes (ex. thérapies de conversion).

« Médecines » : le terme de « médecines » englobe un large spectre de pratiques de soins non conventionnelles (traditionnelles et contemporaines), plus ou moins intégrées au système de santé prédominant du pays et utilisées dans le but de préserver la santé.

« Complémentaires » : le terme de « complémentaires » renvoie aux pratiques de santé non pleinement intégrées au système de santé prédominant du pays et utilisées –  pour enrichir les soins standards – en complément de la médecine officielle dont elles ne font pas partie.

« Alternatives » : le terme d’ »alternatives » fait référence à des pratiques exclues du système de santé prédominant du pays et utilisées – pour remplacer les soins standards – en substitution de la médecine officielle dont elles ne font pas partie.

Il existe plusieurs façons de classifier les MCA. Le plus souvent, elles sont catégorisées selon leur nature (ex. pratiques manuelles, psychologiques, spirituelles, psychocorporelles, etc.). Le problème étant qu’une pratique peut relever à la fois de plusieurs catégories. Par exemple, selon la technique, la méditation peut à la fois être une pratique psychocorporelle et spirituelle.

En France, une première proposition de définition et de catégorisation a fait l’objet d’une publication scientifique par Suissa V. & al (2020) (accéder à la publication). La démarche consiste à les catégoriser selon leur niveau de reconnaissance médicale (pratiques acceptées, tolérées, rejetées) en s’appuyant, non pas sur « des pratiques » mais sur « des critères » (ex. niveaux d’intégration, formations, niveaux de risques, présence de dérives, etc.).

  • Les soins non médicamenteux: font référence à un ensemble réduit de pratiques; celles délimitées et validées par la Haute Autorité de Santé (HAS) telles que le soutien psychologique, la diététique, la kinésithérapie (Thérapies Non Médicamenteuses);  et celles qui ne sont pas validées mais largement recommandées par les Autorités sanitaires et sociales (approches non médicamenteuses) comme la socio-esthétique, la médiation en santé, l’intervention des bénévoles, l’activité physique, etc. Il s’agit donc de pratiques de santé officielles pleinement intégrées au système de soins et dispensées par des professionnels dont la formation est reconnue.
  • Les Médecines Complémentaires et Alternatives (MCA) : font référence à un large spectre de pratiques, non clairement délimitées et dont les preuves de l’efficacité sont controversées. Certaines ont pu montré des effets dans certains contextes (ex. hypnose et douleur), d’autres sont insuffisamment étudiées (ex. sophrologie) bien qu’elles soient proposées dans les établissements sanitaires et médico-sociaux.  Il s’agit donc de pratiques non pleinement intégrées au système de soins et dispensées par des praticiens dont la formation est reconnue ou non.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) porte une stratégie mondiale dans le domaine, elle recommande l’évaluation (2000) (accéder à la publication), la promotion (2002) (accéder à la publication) et l’intégration (2014) (accéder à la publication) de ces pratiques pour soutenir la prévention, la qualité de vie et le bien vieillir. En effet, la Médecine Traditionnelle (MT) reste une référence pour de nombreux pays émergents, tandis qu’elle a peu à peu perdu sa légitimité au profit du système de référence dans les pays développés. Cela étant, et comme le précise l’OMS (2014), les pays sont de plus en plus nombreux à prendre conscience des apports des médecines complémentaires sur la santé.

Face à l’engouement mondial envers les MCA, les États engagent de nouvelles politiques en la matière et considèrent de façon croissante l’intérêt de leur intégration dans leur propre système de santé. Cependant, la législation dans le domaine reste variable d’un pays à l’autre, d’autant que les traditions et cultures locales jouent un rôle dans les approches déployées. Par conséquent, il existe un ensemble de différences et d’approches étatiques selon trois systèmes répertoriés par l’OMS :

  1. Un système intégratif (MCA reconnues et intégrées dans l’offre de soins) : les pratiques sont remboursées, accessibles dans les structures de soins et s’insèrent dans la recherche et l’enseignement. Ex. : Chine, République de Corée, Vietnam…
  2. Un système inclusif (MCA reconnues sans être intégrées dans tous les aspects de l’offre de soins) : les pratiques sont accessibles sans pour autant être remboursées. Des moyens permettant d’assurer leur innocuité sont déployés, tandis que leur réglementation reste partielle, de même que les dispositifs d’enseignement et de formation. Ex. : Canada, Royaume-Uni…
  3. Un système tolérant (centré sur la médecine occidentale tout en acceptant certaines MCA) : certaines pratiques sont tolérées par le système de soins favorisant leur intégration plus ou moins formelle dans les établissements de santé. Ex. : France.

Les résolutions respectivement adoptées par le Parlement Européen (1997) (accéder à la Résolution) et la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille  (1999) (accéder à la Résolutionpréconisent une démarche européenne d’encadrement et de reconnaissance de ces pratiques. Si la réglementation Européenne peut varier d’un pays à l’autre, leurs conditions générales comportent dans leur principe de grandes similitudes. Schématiquement, deux conceptions opposées coexistent en Europe :

1-La première impliquant les pays du Sud : les pratiques, dans leurs dimensions thérapeutiques, doivent être dispensées uniquement par certains professionnels de santé. Les praticiens sont principalement médecins, parfois issus d’autres professions pour lesquelles certains actes peuvent être pratiqués sous leur propre responsabilité ou celle d’un médecin. Au-delà, il y a exercice illégal de la médecine. Ex. : France, Belgique, Luxembourg…

2- La seconde engageant principalement les pays du Nord : les pratiques peuvent être dispensées par tout praticien qui le souhaite mais réserve certains actes aux médecins. Les médecins détiennent l’autorité en matière de politique de santé, tandis que les praticiens ont le droit de dispenser un soin non conventionnel dès lors qu’ils ne prétendent pas au titre de Docteur en médecine. Ex. : Pays-Bas, Grande-Bretagne, Irlande ou encore les pays scandinaves.

La France développe une politique de tolérance envers les MCA, marquée à la fois par une démarche d’intégration et de vigilance.

Une démarche d’analyse: Par arrêté du 3 février 2009, la Direction Générale de la santé (DGS) fonde le Groupe d’appui Technique (GAT) dédié à la prise en compte des Pratiques Non Conventionnelles à Visée Thérapeutique (PNCVT). Ce groupe a pour mission la conception, la mise en œuvre et le suivi de la politique de repérage des PNCVT potentiellement prometteuses ou dangereuses. Les travaux du GAT permettront notamment la mise à disposition d’informations et de ressources documentaires ciblées destinées au grand public. Mais la cessation en 2020 des activités du GAT freinent la réflexion initiée par le Gouvernement.

Une approche scientifique: dès 2010, la DGS financera des études scientifiques, sous formes de revues de la littérature, permettant de faire le point sur l’efficacité ou l’absence d’efficacité de quelques pratiques complémentaires et alternatives. Mais la cessation en 2020 du financement de ces études limite les connaissances liées à l’effet de ces pratiques qui restent par ailleurs étudiées au sein de plusieurs Universités Françaises.

Une démarche de vigilance: parallèlement, face à l’essor incontrôlé de pratiques douteuses, une politique nationale de vigilance est portée par la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes). L’instance a peu à peu investi le champ des MCA dans une logique de prévention et de répression des pratiques déviantes. En effet, la prolifération des mouvements sectaires dans le champ de la santé constitue une menace pour les malades qui abandonnent parfois leurs traitements au profit de pseudo MCA. La question de l’emprise mentale, au cœur du phénomène sectaire est un sujet majeur, notamment lorsqu’elle engage la santé de personnes fragiles. Mais les dérives de certaines MCA ne sont pas nécessairement de nature sectaire, elles relèvent le plus souvent de dérives thérapeutiques actuellement peu étudiées et complexes à identifier.

Une démarche d’élus: Face à l’ampleur du phénomène et de l’intérêt croissant des français pour ces pratiques, une proposition de Résolution à été déposée à l’Assemblée nationale portée par 8 parlementaires invitant le Gouvernement à créer une « agence gouvernementale d’évaluation des approches complémentaires adaptées et de contrôle des dérives thérapeutiques et des pratiques alternatives ». Plus spécifiquement, cette résolution invite à la transformation de l’A-MCA en une Agence Gouvernementale pour poursuivre ses missions actuelles avec l’action de l’État (accéder à la Résolution).

En France, l’attrait croissant des citoyens à l’égard des MCA conduit actuellement l’État à clarifier le statut de certaines d’entre elles. Certaines pratiques bénéficient ainsi d’un cadre réglementaire tandis que d’autres font l’objet de cadres en matière de formation. Cependant, des problématiques de terrain limite une démarche d’intégration structurée et sécurisée des pratique. Synthèse:

  • Des professions non médicales réglementées : la légalisation le 4 mars 2002 de l’ostéopathie et de la chiropraxie illustre l’émergence de professions non médicales, reconnues, autonomes et réglementées. Néanmoins, en n’étant plus exclusivement rattachées au monopole médical, ces deux spécialités ne sont pas pour autant totalement intégrées au système de santé. De fait, ces pratiques paradoxalement régulées par la loi sont très peu déployées dans les centres sanitaires et médico-sociaux tandis que d’autres méthodes, sans cadre, sont parfois identifiées en leur sein.
  • Des professions médicales réglementées: l’acupuncture et l’homéopathie sont reconnues par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) comme des orientations médicales. Réservées aux médecins et à certains professionnels de santé, ces pratiques se déploient en milieu médical, contribuant à l’essor d’une médecine plus intégrative. Cependant, sur le terrain, certains praticiens non professionnels de santé dispensent parfois ces pratiques s’inscrivant dans l’exercice illégal de la médecine.
  • Des cadres pour la formation:  cette démarche d’encadrement législatif se renforce par le développement de formations Universitaires et réglementaires à destination de professionnels du soin (ex. Diplôme Universitaire – DU ) ou de praticiens non soignants (ex. formation inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles – RNCP). C’est dans ce contexte que de nombreuses pratiques telles que la méditation, la sophrologie ou encore l’art-thérapie s’intègrent de façon croissante dans les institutions (entreprises, associations, centres sanitaires et médico-sociaux…). Cependant, ce n’est pas « la pratique » qui bénéficie d’un cadre mais « la formation ». De fait, pour une même pratique, certains praticiens sont titulaire d’un diplôme reconnu (ex. RNCP) tandis que d’autres la propose sans pour autant détenir un diplôme valide.