Fiche pratique
Pratique acceptée

Le recours aux MCA est encore clivant, mais la situation est en train d'évoluer

Pratiques détenant un cadre réglementaire ou de formation et qui sont largement intégrées dans les centres de soins. Elles sont généralement proposées par des praticiens dont la formation est reconnue et ne comportent pas de risques ou de dérives.

Pratiques détenant un cadre et qui sont largement intégrées :
• La formation est reconnue
• Il n'y a pas de risques spécifiques
• Il n'y a pas de dérives

Comment vous-êtes vous intéressée aux MCA ?  

Dans le cadre de mes études de pharmacie, je me suis orientée vers la filière « industrie » et j’ai eu l’opportunité de suivre un Master à l’université Paris Dauphine, sur l’évaluation médico-économique et l’accès au marché des produits de santé. Parallèlement et d’un point de vue strictement personnel, j’ai toujours été intéressée par les MCA, notamment l’ostéopathie, l’homéopathie, et j’ai également effectué un stage dans un laboratoire de cosmétiques, spécialisé dans les huiles essentielles. J’ai toujours nourri une grande curiosité par rapport à ces approches. Le déclencheur a été la présentation, lors d’une intervention publique, du livre de Véronique SUISSA, Serge GUÉRIN et du Dr Philippe DENORMANDIE sur Les Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre, regards croisés sur la médecine de demain ? J’ai alors décidé, dans le cadre de ma thèse, de poser une problématique en lien avec ma formation pharmaceutique, et ma spécialisation en économie de la santé, afin de répondre à des questions portant sur le domaine des MCA. J’ai d’ailleurs complété ma formation et mon intérêt envers ces pratiques en réalisant le Diplôme d’Université Thérapies complémentaires : place en cancérologie et face aux maladies chroniques, de la faculté de médecine de Grenoble en 2020/2021.

Quelle est la problématique principale de votre thèse ?  

Dans ma thèse « Quelle prise en charge future des médecines complémentaires et alternatives dans le cancer ? », je me suis interrogée sur la possibilité et la faisabilité du remboursement de certaines pratiques complémentaires et alternatives en oncologie, avec un focus sur l’acupuncture, la naturopathie et la sophrologie. J’ai choisi ce domaine, car le cancer est l’une des pathologies pour laquelle les patients font le plus appel aux MCA, et de nombreuses données sont disponibles.
Dans la médecine conventionnelle, nous disposons actuellement de thérapeutiques permettant, certes, de guérir des pathologies, mais pouvant générer des effets indésirables assez importants, dégradant la qualité de vie. Dans le champ de la médecine conventionnelle, les patients peuvent se retrouver isolés, puisqu’elle ne peut pas toujours apporter de réponses. Ils se tournent alors vers les MCA. Cette situation pose la question de savoir comment offrir une prise en charge globale et personnalisée au patient, ce qui sous-entend également une prise en charge financière.  

Qu’en est-il justement ?  

Quelques financements existent déjà ; c’est le cas des prises en charge proposées par les praticiens hospitaliers. Des associations de patients offrent aussi des packages gratuitement ou en échange d’une cotisation, permettant d’accéder aux MCA. Certaines complémentaires couvrent une partie des frais générés par les MCA, tandis que des centres de soins comme l’Institut Raphaël à Paris ou le Centre Ressource à Aix-en-Provence, incluent les MCA dans le suivi des patients. Cependant, l’approche reste globalement très hétérogène et souvent soumise à condition. De même que le taux de remboursement est très mineur par rapport aux dépenses réalisées. Le principal financeur restant le patient lui-même, cela entraîne une inégalité d’accès aux pratiques.
Envisager le remboursement des MCA implique la réalisation d’essais cliniques, néanmoins, la démarche s’avère compliquée pour ces pratiques, en raison de l’absence de financement et de l’existence d’une part de subjectivité dans l’appréciation des résultats. Par ailleurs, dans le cas des médicaments, l’industrie pharmaceutique finance les essais pour avoir un accès autorisé au marché. Dans le cas des MCA, les pratiques sont déjà présentes sur le marché ; elles sont déjà financées par les usagers/patients, et ne font l’objet d’aucune demande particulière émanant des praticiens de MCA. Toutes ces raisons font qu’il y a moins d’intérêt pour les instances. Cependant, la réglementation risque d’évoluer – même si ce n’est pas voulu par tout le monde – du fait d’un risque de dérives de ces pratiques. De même que les nouvelles perspectives de financement au parcours de soins et non plus à l’acte, peuvent laisser entrevoir une possibilité d’y inclure les MCA, en se plaçant sur l’axe de l’amélioration de la qualité de vie du patient.
Même si le recours aux MCA est encore clivant, je pense toutefois que la situation est en train d’évoluer et que les professions médicales affichent un intérêt grandissant en réponse à celui de la population.  Les praticiens doivent pouvoir répondre aux questions de leurs patients sur le sujet et, selon moi, il serait intéressant d’inclure, au sein de la formation initiale des étudiants en santé, des enseignements sur la place des thérapies complémentaires dans la prise en charge des pathologies chroniques, par exemple. Les praticiens doivent avoir conscience que les patients sont vulnérables, leur approche vis-à-vis d’eux doit être adaptée lorsqu’il est question de MCA. Ils doivent connaître leur limite et toujours travailler en collaboration avec les autres professionnels de santé. Car les dérives peuvent vraiment causer du tort aux MCA.

Rédigé par l’A-MCA

Fiche pratique
Pratique acceptée

Le recours aux MCA est encore clivant, mais la situation est en train d'évoluer

Pratiques conventionnelles à visées de soins, rassemblant des méthodes validées par la Haute Autorité de Santé.

Pratiques validées par la Haute Autorité de Santé (HAS) :
• Délimitées par la HAS
• Professionnalisées
• Pleinement intégrées
• Sans risques

Comment vous-êtes vous intéressée aux MCA ?  

Dans le cadre de mes études de pharmacie, je me suis orientée vers la filière « industrie » et j’ai eu l’opportunité de suivre un Master à l’université Paris Dauphine, sur l’évaluation médico-économique et l’accès au marché des produits de santé. Parallèlement et d’un point de vue strictement personnel, j’ai toujours été intéressée par les MCA, notamment l’ostéopathie, l’homéopathie, et j’ai également effectué un stage dans un laboratoire de cosmétiques, spécialisé dans les huiles essentielles. J’ai toujours nourri une grande curiosité par rapport à ces approches. Le déclencheur a été la présentation, lors d’une intervention publique, du livre de Véronique SUISSA, Serge GUÉRIN et du Dr Philippe DENORMANDIE sur Les Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre, regards croisés sur la médecine de demain ? J’ai alors décidé, dans le cadre de ma thèse, de poser une problématique en lien avec ma formation pharmaceutique, et ma spécialisation en économie de la santé, afin de répondre à des questions portant sur le domaine des MCA. J’ai d’ailleurs complété ma formation et mon intérêt envers ces pratiques en réalisant le Diplôme d’Université Thérapies complémentaires : place en cancérologie et face aux maladies chroniques, de la faculté de médecine de Grenoble en 2020/2021.

Quelle est la problématique principale de votre thèse ?  

Dans ma thèse « Quelle prise en charge future des médecines complémentaires et alternatives dans le cancer ? », je me suis interrogée sur la possibilité et la faisabilité du remboursement de certaines pratiques complémentaires et alternatives en oncologie, avec un focus sur l’acupuncture, la naturopathie et la sophrologie. J’ai choisi ce domaine, car le cancer est l’une des pathologies pour laquelle les patients font le plus appel aux MCA, et de nombreuses données sont disponibles.
Dans la médecine conventionnelle, nous disposons actuellement de thérapeutiques permettant, certes, de guérir des pathologies, mais pouvant générer des effets indésirables assez importants, dégradant la qualité de vie. Dans le champ de la médecine conventionnelle, les patients peuvent se retrouver isolés, puisqu’elle ne peut pas toujours apporter de réponses. Ils se tournent alors vers les MCA. Cette situation pose la question de savoir comment offrir une prise en charge globale et personnalisée au patient, ce qui sous-entend également une prise en charge financière.  

Qu’en est-il justement ?  

Quelques financements existent déjà ; c’est le cas des prises en charge proposées par les praticiens hospitaliers. Des associations de patients offrent aussi des packages gratuitement ou en échange d’une cotisation, permettant d’accéder aux MCA. Certaines complémentaires couvrent une partie des frais générés par les MCA, tandis que des centres de soins comme l’Institut Raphaël à Paris ou le Centre Ressource à Aix-en-Provence, incluent les MCA dans le suivi des patients. Cependant, l’approche reste globalement très hétérogène et souvent soumise à condition. De même que le taux de remboursement est très mineur par rapport aux dépenses réalisées. Le principal financeur restant le patient lui-même, cela entraîne une inégalité d’accès aux pratiques.
Envisager le remboursement des MCA implique la réalisation d’essais cliniques, néanmoins, la démarche s’avère compliquée pour ces pratiques, en raison de l’absence de financement et de l’existence d’une part de subjectivité dans l’appréciation des résultats. Par ailleurs, dans le cas des médicaments, l’industrie pharmaceutique finance les essais pour avoir un accès autorisé au marché. Dans le cas des MCA, les pratiques sont déjà présentes sur le marché ; elles sont déjà financées par les usagers/patients, et ne font l’objet d’aucune demande particulière émanant des praticiens de MCA. Toutes ces raisons font qu’il y a moins d’intérêt pour les instances. Cependant, la réglementation risque d’évoluer – même si ce n’est pas voulu par tout le monde – du fait d’un risque de dérives de ces pratiques. De même que les nouvelles perspectives de financement au parcours de soins et non plus à l’acte, peuvent laisser entrevoir une possibilité d’y inclure les MCA, en se plaçant sur l’axe de l’amélioration de la qualité de vie du patient.
Même si le recours aux MCA est encore clivant, je pense toutefois que la situation est en train d’évoluer et que les professions médicales affichent un intérêt grandissant en réponse à celui de la population.  Les praticiens doivent pouvoir répondre aux questions de leurs patients sur le sujet et, selon moi, il serait intéressant d’inclure, au sein de la formation initiale des étudiants en santé, des enseignements sur la place des thérapies complémentaires dans la prise en charge des pathologies chroniques, par exemple. Les praticiens doivent avoir conscience que les patients sont vulnérables, leur approche vis-à-vis d’eux doit être adaptée lorsqu’il est question de MCA. Ils doivent connaître leur limite et toujours travailler en collaboration avec les autres professionnels de santé. Car les dérives peuvent vraiment causer du tort aux MCA.

Rédigé par l’A-MCA

Fiche pratique
Pratique recommandée

Le recours aux MCA est encore clivant, mais la situation est en train d'évoluer

Pratiques conventionnelles à visées de soins, rassemblant des méthodes validées par la Haute Autorité de Santé.

Pratiques validées par la Haute Autorité de Santé (HAS) :
• Délimitées par la HAS
• Professionnalisées
• Pleinement intégrées
• Sans risques

Comment vous-êtes vous intéressée aux MCA ?  

Dans le cadre de mes études de pharmacie, je me suis orientée vers la filière « industrie » et j’ai eu l’opportunité de suivre un Master à l’université Paris Dauphine, sur l’évaluation médico-économique et l’accès au marché des produits de santé. Parallèlement et d’un point de vue strictement personnel, j’ai toujours été intéressée par les MCA, notamment l’ostéopathie, l’homéopathie, et j’ai également effectué un stage dans un laboratoire de cosmétiques, spécialisé dans les huiles essentielles. J’ai toujours nourri une grande curiosité par rapport à ces approches. Le déclencheur a été la présentation, lors d’une intervention publique, du livre de Véronique SUISSA, Serge GUÉRIN et du Dr Philippe DENORMANDIE sur Les Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre, regards croisés sur la médecine de demain ? J’ai alors décidé, dans le cadre de ma thèse, de poser une problématique en lien avec ma formation pharmaceutique, et ma spécialisation en économie de la santé, afin de répondre à des questions portant sur le domaine des MCA. J’ai d’ailleurs complété ma formation et mon intérêt envers ces pratiques en réalisant le Diplôme d’Université Thérapies complémentaires : place en cancérologie et face aux maladies chroniques, de la faculté de médecine de Grenoble en 2020/2021.

Quelle est la problématique principale de votre thèse ?  

Dans ma thèse « Quelle prise en charge future des médecines complémentaires et alternatives dans le cancer ? », je me suis interrogée sur la possibilité et la faisabilité du remboursement de certaines pratiques complémentaires et alternatives en oncologie, avec un focus sur l’acupuncture, la naturopathie et la sophrologie. J’ai choisi ce domaine, car le cancer est l’une des pathologies pour laquelle les patients font le plus appel aux MCA, et de nombreuses données sont disponibles.
Dans la médecine conventionnelle, nous disposons actuellement de thérapeutiques permettant, certes, de guérir des pathologies, mais pouvant générer des effets indésirables assez importants, dégradant la qualité de vie. Dans le champ de la médecine conventionnelle, les patients peuvent se retrouver isolés, puisqu’elle ne peut pas toujours apporter de réponses. Ils se tournent alors vers les MCA. Cette situation pose la question de savoir comment offrir une prise en charge globale et personnalisée au patient, ce qui sous-entend également une prise en charge financière.  

Qu’en est-il justement ?  

Quelques financements existent déjà ; c’est le cas des prises en charge proposées par les praticiens hospitaliers. Des associations de patients offrent aussi des packages gratuitement ou en échange d’une cotisation, permettant d’accéder aux MCA. Certaines complémentaires couvrent une partie des frais générés par les MCA, tandis que des centres de soins comme l’Institut Raphaël à Paris ou le Centre Ressource à Aix-en-Provence, incluent les MCA dans le suivi des patients. Cependant, l’approche reste globalement très hétérogène et souvent soumise à condition. De même que le taux de remboursement est très mineur par rapport aux dépenses réalisées. Le principal financeur restant le patient lui-même, cela entraîne une inégalité d’accès aux pratiques.
Envisager le remboursement des MCA implique la réalisation d’essais cliniques, néanmoins, la démarche s’avère compliquée pour ces pratiques, en raison de l’absence de financement et de l’existence d’une part de subjectivité dans l’appréciation des résultats. Par ailleurs, dans le cas des médicaments, l’industrie pharmaceutique finance les essais pour avoir un accès autorisé au marché. Dans le cas des MCA, les pratiques sont déjà présentes sur le marché ; elles sont déjà financées par les usagers/patients, et ne font l’objet d’aucune demande particulière émanant des praticiens de MCA. Toutes ces raisons font qu’il y a moins d’intérêt pour les instances. Cependant, la réglementation risque d’évoluer – même si ce n’est pas voulu par tout le monde – du fait d’un risque de dérives de ces pratiques. De même que les nouvelles perspectives de financement au parcours de soins et non plus à l’acte, peuvent laisser entrevoir une possibilité d’y inclure les MCA, en se plaçant sur l’axe de l’amélioration de la qualité de vie du patient.
Même si le recours aux MCA est encore clivant, je pense toutefois que la situation est en train d’évoluer et que les professions médicales affichent un intérêt grandissant en réponse à celui de la population.  Les praticiens doivent pouvoir répondre aux questions de leurs patients sur le sujet et, selon moi, il serait intéressant d’inclure, au sein de la formation initiale des étudiants en santé, des enseignements sur la place des thérapies complémentaires dans la prise en charge des pathologies chroniques, par exemple. Les praticiens doivent avoir conscience que les patients sont vulnérables, leur approche vis-à-vis d’eux doit être adaptée lorsqu’il est question de MCA. Ils doivent connaître leur limite et toujours travailler en collaboration avec les autres professionnels de santé. Car les dérives peuvent vraiment causer du tort aux MCA.

Rédigé par l’A-MCA

Fiche pratique
Pratique Tolérée

Le recours aux MCA est encore clivant, mais la situation est en train d'évoluer

Pratiques ne détenant pas de cadre, qui sont rarement intégrées et dont la formation n'est pas reconnue.

Pratiques ne détenant pas de cadre et qui sont rarement intégrées.
• La formation n'est pas reconnue
• Il n'y a des risques potentiels
• Les dérives sont involontaires

Comment vous-êtes vous intéressée aux MCA ?  

Dans le cadre de mes études de pharmacie, je me suis orientée vers la filière « industrie » et j’ai eu l’opportunité de suivre un Master à l’université Paris Dauphine, sur l’évaluation médico-économique et l’accès au marché des produits de santé. Parallèlement et d’un point de vue strictement personnel, j’ai toujours été intéressée par les MCA, notamment l’ostéopathie, l’homéopathie, et j’ai également effectué un stage dans un laboratoire de cosmétiques, spécialisé dans les huiles essentielles. J’ai toujours nourri une grande curiosité par rapport à ces approches. Le déclencheur a été la présentation, lors d’une intervention publique, du livre de Véronique SUISSA, Serge GUÉRIN et du Dr Philippe DENORMANDIE sur Les Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre, regards croisés sur la médecine de demain ? J’ai alors décidé, dans le cadre de ma thèse, de poser une problématique en lien avec ma formation pharmaceutique, et ma spécialisation en économie de la santé, afin de répondre à des questions portant sur le domaine des MCA. J’ai d’ailleurs complété ma formation et mon intérêt envers ces pratiques en réalisant le Diplôme d’Université Thérapies complémentaires : place en cancérologie et face aux maladies chroniques, de la faculté de médecine de Grenoble en 2020/2021.

Quelle est la problématique principale de votre thèse ?  

Dans ma thèse « Quelle prise en charge future des médecines complémentaires et alternatives dans le cancer ? », je me suis interrogée sur la possibilité et la faisabilité du remboursement de certaines pratiques complémentaires et alternatives en oncologie, avec un focus sur l’acupuncture, la naturopathie et la sophrologie. J’ai choisi ce domaine, car le cancer est l’une des pathologies pour laquelle les patients font le plus appel aux MCA, et de nombreuses données sont disponibles.
Dans la médecine conventionnelle, nous disposons actuellement de thérapeutiques permettant, certes, de guérir des pathologies, mais pouvant générer des effets indésirables assez importants, dégradant la qualité de vie. Dans le champ de la médecine conventionnelle, les patients peuvent se retrouver isolés, puisqu’elle ne peut pas toujours apporter de réponses. Ils se tournent alors vers les MCA. Cette situation pose la question de savoir comment offrir une prise en charge globale et personnalisée au patient, ce qui sous-entend également une prise en charge financière.  

Qu’en est-il justement ?  

Quelques financements existent déjà ; c’est le cas des prises en charge proposées par les praticiens hospitaliers. Des associations de patients offrent aussi des packages gratuitement ou en échange d’une cotisation, permettant d’accéder aux MCA. Certaines complémentaires couvrent une partie des frais générés par les MCA, tandis que des centres de soins comme l’Institut Raphaël à Paris ou le Centre Ressource à Aix-en-Provence, incluent les MCA dans le suivi des patients. Cependant, l’approche reste globalement très hétérogène et souvent soumise à condition. De même que le taux de remboursement est très mineur par rapport aux dépenses réalisées. Le principal financeur restant le patient lui-même, cela entraîne une inégalité d’accès aux pratiques.
Envisager le remboursement des MCA implique la réalisation d’essais cliniques, néanmoins, la démarche s’avère compliquée pour ces pratiques, en raison de l’absence de financement et de l’existence d’une part de subjectivité dans l’appréciation des résultats. Par ailleurs, dans le cas des médicaments, l’industrie pharmaceutique finance les essais pour avoir un accès autorisé au marché. Dans le cas des MCA, les pratiques sont déjà présentes sur le marché ; elles sont déjà financées par les usagers/patients, et ne font l’objet d’aucune demande particulière émanant des praticiens de MCA. Toutes ces raisons font qu’il y a moins d’intérêt pour les instances. Cependant, la réglementation risque d’évoluer – même si ce n’est pas voulu par tout le monde – du fait d’un risque de dérives de ces pratiques. De même que les nouvelles perspectives de financement au parcours de soins et non plus à l’acte, peuvent laisser entrevoir une possibilité d’y inclure les MCA, en se plaçant sur l’axe de l’amélioration de la qualité de vie du patient.
Même si le recours aux MCA est encore clivant, je pense toutefois que la situation est en train d’évoluer et que les professions médicales affichent un intérêt grandissant en réponse à celui de la population.  Les praticiens doivent pouvoir répondre aux questions de leurs patients sur le sujet et, selon moi, il serait intéressant d’inclure, au sein de la formation initiale des étudiants en santé, des enseignements sur la place des thérapies complémentaires dans la prise en charge des pathologies chroniques, par exemple. Les praticiens doivent avoir conscience que les patients sont vulnérables, leur approche vis-à-vis d’eux doit être adaptée lorsqu’il est question de MCA. Ils doivent connaître leur limite et toujours travailler en collaboration avec les autres professionnels de santé. Car les dérives peuvent vraiment causer du tort aux MCA.

Rédigé par l’A-MCA

Le recours aux MCA est encore clivant, mais la situation est en train d'évoluer

Pauline GILLES

Consultante dans un cabinet de conseil pour l’industrie pharmaceutique

Temps de lecture :
Lieu :
5min
Publié le :
18/2/2022
Catégorie :
Regards de praticiens

Pharmacien de formation, le Dr Pauline GILLES est consultante dans un cabinet de conseil pour l’industrie pharmaceutique. Elle s’intéresse de près aux médecines complémentaires et alternatives (MCA), sa thèse d’exercice étant d’ailleurs consacrée à la prise en charge des MCA dans le cancer. Éclairage.

Comment vous-êtes vous intéressée aux MCA ?  

Dans le cadre de mes études de pharmacie, je me suis orientée vers la filière « industrie » et j’ai eu l’opportunité de suivre un Master à l’université Paris Dauphine, sur l’évaluation médico-économique et l’accès au marché des produits de santé. Parallèlement et d’un point de vue strictement personnel, j’ai toujours été intéressée par les MCA, notamment l’ostéopathie, l’homéopathie, et j’ai également effectué un stage dans un laboratoire de cosmétiques, spécialisé dans les huiles essentielles. J’ai toujours nourri une grande curiosité par rapport à ces approches. Le déclencheur a été la présentation, lors d’une intervention publique, du livre de Véronique SUISSA, Serge GUÉRIN et du Dr Philippe DENORMANDIE sur Les Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre, regards croisés sur la médecine de demain ? J’ai alors décidé, dans le cadre de ma thèse, de poser une problématique en lien avec ma formation pharmaceutique, et ma spécialisation en économie de la santé, afin de répondre à des questions portant sur le domaine des MCA. J’ai d’ailleurs complété ma formation et mon intérêt envers ces pratiques en réalisant le Diplôme d’Université Thérapies complémentaires : place en cancérologie et face aux maladies chroniques, de la faculté de médecine de Grenoble en 2020/2021.

Quelle est la problématique principale de votre thèse ?  

Dans ma thèse « Quelle prise en charge future des médecines complémentaires et alternatives dans le cancer ? », je me suis interrogée sur la possibilité et la faisabilité du remboursement de certaines pratiques complémentaires et alternatives en oncologie, avec un focus sur l’acupuncture, la naturopathie et la sophrologie. J’ai choisi ce domaine, car le cancer est l’une des pathologies pour laquelle les patients font le plus appel aux MCA, et de nombreuses données sont disponibles.
Dans la médecine conventionnelle, nous disposons actuellement de thérapeutiques permettant, certes, de guérir des pathologies, mais pouvant générer des effets indésirables assez importants, dégradant la qualité de vie. Dans le champ de la médecine conventionnelle, les patients peuvent se retrouver isolés, puisqu’elle ne peut pas toujours apporter de réponses. Ils se tournent alors vers les MCA. Cette situation pose la question de savoir comment offrir une prise en charge globale et personnalisée au patient, ce qui sous-entend également une prise en charge financière.  

Qu’en est-il justement ?  

Quelques financements existent déjà ; c’est le cas des prises en charge proposées par les praticiens hospitaliers. Des associations de patients offrent aussi des packages gratuitement ou en échange d’une cotisation, permettant d’accéder aux MCA. Certaines complémentaires couvrent une partie des frais générés par les MCA, tandis que des centres de soins comme l’Institut Raphaël à Paris ou le Centre Ressource à Aix-en-Provence, incluent les MCA dans le suivi des patients. Cependant, l’approche reste globalement très hétérogène et souvent soumise à condition. De même que le taux de remboursement est très mineur par rapport aux dépenses réalisées. Le principal financeur restant le patient lui-même, cela entraîne une inégalité d’accès aux pratiques.
Envisager le remboursement des MCA implique la réalisation d’essais cliniques, néanmoins, la démarche s’avère compliquée pour ces pratiques, en raison de l’absence de financement et de l’existence d’une part de subjectivité dans l’appréciation des résultats. Par ailleurs, dans le cas des médicaments, l’industrie pharmaceutique finance les essais pour avoir un accès autorisé au marché. Dans le cas des MCA, les pratiques sont déjà présentes sur le marché ; elles sont déjà financées par les usagers/patients, et ne font l’objet d’aucune demande particulière émanant des praticiens de MCA. Toutes ces raisons font qu’il y a moins d’intérêt pour les instances. Cependant, la réglementation risque d’évoluer – même si ce n’est pas voulu par tout le monde – du fait d’un risque de dérives de ces pratiques. De même que les nouvelles perspectives de financement au parcours de soins et non plus à l’acte, peuvent laisser entrevoir une possibilité d’y inclure les MCA, en se plaçant sur l’axe de l’amélioration de la qualité de vie du patient.
Même si le recours aux MCA est encore clivant, je pense toutefois que la situation est en train d’évoluer et que les professions médicales affichent un intérêt grandissant en réponse à celui de la population.  Les praticiens doivent pouvoir répondre aux questions de leurs patients sur le sujet et, selon moi, il serait intéressant d’inclure, au sein de la formation initiale des étudiants en santé, des enseignements sur la place des thérapies complémentaires dans la prise en charge des pathologies chroniques, par exemple. Les praticiens doivent avoir conscience que les patients sont vulnérables, leur approche vis-à-vis d’eux doit être adaptée lorsqu’il est question de MCA. Ils doivent connaître leur limite et toujours travailler en collaboration avec les autres professionnels de santé. Car les dérives peuvent vraiment causer du tort aux MCA.

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